Une semaine pour investir responsable

La semaine de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) organisée pour la première fois en France du 4 au 10 octobre est l’occasion de faire un bilan sur cette forme de placement financier pas comme les autres...


Ethique et finance n’ont pas toujours la réputation de faire bon ménage. Et pourtant. Depuis plusieurs années, il est possible pour un investisseur, qu’il soit particulier ou institutionnel, de placer son argent dans des fonds dit socialement responsables ou fonds ISR. En 2009, les encours ISR sur le marché français représentaient 50,7 milliards d’euros avec une croissance de 70% en un an. Aujourd’hui, quelque 300 fonds en France, proposés par des banques, des assureurs ou autres institutions financières, se revendiquent ISR.
Alors que investisseurs institutionnels ont été les premiers à s’y intéresser (le Fond de Réserve des Retraites par exemple), l’ISR gagne progressivement les particuliers, notamment via leurs placements d’épargne salariale (participation, intéressement, PEE). Ce sont d’ailleurs ces derniers qui ont tiré une grande partie de la croissance de 2009.

Choisir un fond ISR : pourquoi ?
Choisir d’investir dans un fonds ISR, c’est retenir une approche de la gestion d'actifs qui intègre, parallèlement à des critères financiers « classiques », des critères extra-financiers (ESG : de nature Environnementale, Sociale, et de Gouvernance) dans la décision d'investissement et de placement.
Cette approche peut s'appliquer quelle que soit la nature des placements (actions, obligations etc.), dans la mesure où tous les émetteurs de titres – publics ou privés – peuvent être soumis à une analyse de leurs pratiques en matière ESG.
Les titres qui composent les fonds ISR font donc l’objet d’une double évaluation : performance financière et extra-financière. La performance extra-financière est appréciée, par exemple, à travers la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les créations d'emplois, ou encore par l'amélioration des critères de rémunération des dirigeants.

Choisir un fond ISR : quelle valeur ajoutée pour mon placement ?
Malgré les nombreuses études publiées sur ce sujet, il n’a jamais été démontré que l’ISR constituait une source de surperformance. L’inverse n’a jamais été prouvé non plus.
Néanmoins, l’application d’un filtre ISR à la sélection des valeurs d’un portefeuille permet de prendre en compte la maîtrise des risques extra-financiers, ce qui ne peut qu’améliorer la qualité du portefeuille. A long terme, c’est une gestion qui peut s’avérer prudente… Et comme pour n’importe quel fond, la qualité de la gestion est en partie déterminante de sa performance.
Si l’ISR n’est pas plus ou moins performant qu’un autre fond, son intérêt est ailleurs : au travers de ses choix d’investissement et d’épargne, chacun d’entre nous peut se montrer soucieux des enjeux sociaux et environnementaux et rappeler son attachement à un développement durable.

Choisir un fonds ISR : comment ?
Dans une étude réalisée par les instituts EIRIS et IPSOS, 42% des Français disent vouloir en savoir plus sur les caractéristiques de l’ISR avant de faire un choix d’investissement. Dans le même temps, une large majorité d’entre eux est incapable de nommer ou de décrire un produit ISR… pas facile en effet de naviguer entre les sigles et acronymes souvent associés à ces investissements.
Pour dynamiser la reconnaissance de l’ISR auprès du grand public, Novethic, acteur majeur du développement durable en France, a crée un label dont l’objectif est de permettre d’identifier des fonds qui répondent à une véritable démarche ISR. Aujourd’hui, 150 fonds ISR en France peuvent s’en prévaloir.

 

Fanny Serre, Responsable du Développement Durable chez Aviva France

 

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Dernière mise à jour 23/11/12