Pour la majorité des épargnants, les marchés financiers semblent évoluer de façon déconnectée des réalités économiques. Pour autant, les places boursières évoluent en fonction de facteurs tangibles qu’il convient de bien maîtriser avant de s’y exposer. Décryptage.
Les anticipations de croissance
Les marchés d’actions sont fortement influencés par les anticipations d’investisseurs soucieux de prévoir au mieux les évolutions futures pour orienter leurs actifs en conséquence.
Le niveau de l’activité économique influence directement l’orientation des marchés d’actions, par le biais des résultats des entreprises.
Sur la base des études réalisées par des analystes financiers, les investisseurs anticipent une progression ou un recul des résultats d’une entreprise, en tenant compte du dynamisme du secteur sur lequel elle évolue, de sa position concurrentielle sur ce marché, de sa politique de marges, de son dynamisme commercial ou encore de son niveau de productivité.
Ces prévisions se reflètent dans le cours de l’action par le biais d’une surcote ou d’une décote par rapport aux entreprises du même secteur d’activité.
Elles sont ensuite confirmées ou infirmées par les publications de résultats faites trimestriellement par la société. Si les anticipations des analystes se sont révélées surévaluées par rapport aux résultats annoncés, le titre sera frappé par une correction baissière visant à adapter la valeur boursière de l’entreprise à ses performances économiques. Si les résultats publiés sont supérieurs aux attentes, le cours de l’action sera orienté à la hausse.
Le rôle des analystes est donc crucial, puisque ces derniers vont orienter les investisseurs vers certaines sociétés au détriment d’autres et donc influencer directement le cours de Bourse d’une société. Pourtant, leur capacité à prévoir les crises et leur impact sur les résultats des entreprises est limitée. A titre d’exemple, en 2001 et 2008, les analystes ont sous-estimé de l’ordre de 30 % la baisse des résultats. A l’inverse, ils « courent » derrière les résultats lors des phases de croissance : en 2004, 2005 et 2006, ils ont sous-estimé les résultats des entreprises d’environ 30 % chaque année.
Les politiques monétaires des banques centrales
Les politiques monétaires des banques centrales ont également une influence directe sur le comportement des marchés d’actions.
En effet, celles-ci impactant à la hausse ou à la baisse la rémunération des actifs sans risque (monétaire, livrets bancaires, Livret A…), elles incitent les investisseurs à privilégier ou non ces placements, au détriment ou au bénéfice des actifs risqués (actions notamment).
Ainsi, des taux directeurs des banques centrales bas susciteront un intérêt croissant pour les actifs risqués, les investisseurs estimant plus rémunérateur de revenir vers ces investissements plutôt que de recourir à des placements, certes plus sûrs, mais présentant une rémunération faible. Des taux directeurs fixés à des niveaux élevés risquent de conduire les épargnants à s’orienter vers des placements moins risqués, le différentiel de rémunération avec les actifs risqués – appelé la prime de risque – pouvant ne pas être jugé suffisamment important pour privilégier cette classe d’actifs.
La prime de risque mesure le supplément de rémunération demandé par les investisseurs pour privilégier les actions au détriment des obligations d’Etat. Si celle-ci augmente, l’intérêt des actions par rapport aux actifs sans risque s’en trouvera décuplé. Si au contraire, elle se réduit, les investisseurs seront incités à se détourner des actions, le supplément de rémunération attendu, compte tenu du risque pris, n’étant pas suffisamment attractif pour justifier un investissement sur cette classe d’actifs.







